SOCIETE

Mezaourou : zineddine, 11 ans, meurt electrocute chez lui – une tragedie qui ne devrait plus arriver

UN JEUDI ORDINAIRE, UNE FAMILLE DEVASTEE

            Il s’appelait Mokadem Zineddine. Il avait 11 ans, un sourire que ses proches décrivent comme inoubliable, et toute une vie devant lui. Ce jeudi matin, comme des milliers d’enfants à travers le pays, il était chez lui. Une maison familiale, un espace censé être sûr. C’est là pourtant que le drame s’est noué : une décharge électrique, foudroyante et sans appel, a mis fin à sa courte existence.

Les éléments de l’unité de Protection civile de Telagh ont répondu à l’alerte dans les plus brefs délais. Mais à leur arrivée sur les lieux, plus rien ne pouvait être fait. Le décès de Zineddine a été constaté sur place. Sa dépouille a été transférée à la morgue de l’hôpital de Telagh, tandis que les services de la Gendarmerie nationale ont immédiatement ouvert une enquête pour établir l’origine précise de l’accident.

UN VILLAGE SOUS LE CHOC, UNE ECOLE ORPHELINE

            La nouvelle a traversé Mezaourou comme une onde sismique. Dans les rues, dans les cours d’école, dans les maisons — partout, les mêmes visages défaits. Zineddine ne reviendra plus s’asseoir derrière son pupitre. Ses enseignants, ses camarades, ses voisins perdent bien plus qu’un élève ou un enfant du quartier : ils perdent une présence, une joie de vivre, une promesse d’avenir.

Zineddine ne franchira plus le seuil de sa salle de classe. En cet instant de profonde douleur, nous gardons le souvenir d’un enfant plein de vie, dont le parcours s’est arrêté bien trop tôt. Que son âme repose en paix et que sa famille trouve la force nécessaire pour traverser cette épreuve incommensurable.

La rédaction de twala.info s’associe à la douleur de la famille Mokadem et présente ses plus sincères condoléances.

UNE TRAGEDIE QUI S’INSCRIT DANS UN TABLEAU NATIONAL ALARMANT

            La mort de Zineddine n’est pas un fait divers isolé. Elle est le reflet d’une réalité sanitaire et sociale préoccupante. Selon les données de l’Institut National de Santé Publique (INSP), l’Algérie a enregistré en 2025 plus de 500 000 accidents domestiques impliquant des enfants de 0 à 15 ans sur l’ensemble du territoire national. Un chiffre qui donne le vertige.

Si les nourrissons et les tout-petits (0-4 ans) restent la catégorie la plus exposée, la tranche des 10-15 ans — celle à laquelle appartenait Zineddine — représente près de 35 % des victimes. À cet âge, une certaine autonomie s’installe, le danger est moins perçu, et la vigilance des parents peut se relâcher sans qu’on s’en rende compte.

L’électricité : silencieuse, invisible, mortelle

            À Sidi Bel-Abbès et dans les wilayas de l’Oranie, les pompiers et secouristes de la Protection civile interviennent quotidiennement pour des accidents domestiques. Les chutes et les brûlures figurent en tête des cas les plus fréquents. Mais ce sont les accidents électriques qui s’avèrent, de loin, les plus létaux. Une décharge peut tuer en quelques fractions de seconde, sans que la victime ni les témoins n’aient le temps de réagir.

CE QUE CHAQUE FOYER DEVRAIT SAVOIR

            Face à cette réalité, les services de la Protection civile rappellent régulièrement des mesures de précaution élémentaires, trop souvent négligées :

Le disjoncteur différentiel est le premier rempart. Seul dispositif capable de couper instantanément l’alimentation électrique en cas de fuite de courant, il devrait être présent dans chaque logement — sa vérification régulière est impérative.

Les cache-prises peuvent sembler anodins. Ils restent pourtant indispensables dans les foyers où vivent des enfants, pour éviter tout contact accidentel avec les bornes sous tension.

L’état du matériel électrique mérite une attention constante. Un chargeur de téléphone défectueux, un câble dénudé, une multiprise surchargée : autant de risques invisibles à l’œil nu, mais potentiellement mortels. Un simple contrôle visuel régulier peut suffire à sauver une vie.

UNE PREVENTION A (RE)CONSTRUIRE

            Au-delà des recommandations techniques, c’est une culture de la prévention qui fait défaut. En Algérie, la sensibilisation aux risques domestiques reste insuffisamment ancrée dans les pratiques éducatives et familiales. Des campagnes nationales existent, mais leur portée demeure limitée face à l’ampleur du phénomène.

La mort de Zineddine devrait interpeller — les pouvoirs publics, les bailleurs, les associations de quartier, et chaque famille. Non pas pour chercher un coupable, mais pour que ce drame serve, au moins, à protéger d’autres enfants.

Parce qu’aucun foyer ne devrait devenir un piège.