A Sidi Bel-Abbes, une semaine dédiée à l’enfance entre théâtre, arts et émerveillement
Du 1er au 7 juin 2026, la Maison de la culture et des arts Kateb Yacine de Sidi Bel-Abbès ouvre grand ses portes aux plus jeunes, avec un programme culturel dense et gratuit, mêlant spectacles théâtraux quotidiens et ateliers créatifs. Une semaine où l’art devient le premier langage de l’enfance.
Il y a des dates qui méritent mieux qu’un simple coup de chapeau. La Fête de l’enfance est de celles-là. Cette année à Sidi Bel-Abbès, elle ne se résumera pas à une célébration symbolique : la Maison de la culture et des arts Kateb Yacine en fait un véritable événement culturel de sept jours, pensé dans le cadre du programme national « 7/7 ثقافتي », une initiative qui ambitionne de démocratiser l’accès à la culture, chaque jour de la semaine, pour toutes les catégories de la société.
De la calligraphie arabe au cirque, en passant par la magie du théâtre pour enfants, ce programme illustre une conviction : l’éveil artistique ne s’improvise pas, il se cultive, dès le plus jeune âge.
Des matinées pour éveiller, des soirées pour rêver
Le programme est conçu en deux temps complémentaires, rythmant les journées comme on construirait une histoire — avec une ouverture et un dénouement.
Chaque matin, de 11h00 à 12h00, des ateliers encadrés invitent les enfants à explorer le dessin, les arts plastiques et l’initiation à la calligraphie arabe. Ces disciplines ne sont pas choisies au hasard : elles conjuguent l’expression libre et l’ancrage dans un patrimoine culturel vivant. La calligraphie, en particulier, représente à la fois un art millénaire et un vecteur d’identité, que la nouvelle génération redécouvre souvent avec un étonnement sincère.
En soirée, à partir de 17h00, c’est la scène de la grande salle des représentations qui prend le relais. Sept pièces, sept associations, sept univers différents — chaque jour sa découverte.
Sept pièces, sept univers
Le rideau s’ouvre dès le 1er juin avec Sirk Behlouane, portée par l’Association El-Nasr des arts dramatiques. Un titre qui évoque l’univers du cirque, de la fantaisie et de la démesure joyeuse — une entrée en matière idéale pour un festival dédié à l’émerveillement.
Le 2 juin, Chouchoo fi madinat al-alab prend la relève sous l’égide de l’Association Noujoum Edh-Dahk, avant que le 3 juin ne soit marqué par Fosoul, création de l’Association El-Ghenja, dont le titre — « Saisons » — suggère une pièce ancrée dans les cycles de la vie et de la nature.
Le 4 juin verra la présentation de Sallet Al-Ajaïb, une création originale de Azzim Fatiha pour le théâtre de la jeunesse et de l’enfance. Le lendemain, le 5 juin, l’Association de l’art contemporain pour l’enfant et la jeunesse proposera Madrassat Al-Ahlam — « l’École des rêves » —, titre qui résonne comme un manifeste en faveur d’une éducation sensible et imaginative.
Le 6 juin, Derviche fi ghabt al-aman signée par l’Association El-Baâd Essabeâ introduira une dimension mystique et poétique dans la programmation, avant la clôture du 7 juin avec Ana oua El-Kashaf, production de la coopérative El-Michâal — « Moi et la découverte » —, comme un ultime appel à la curiosité enfantine.
La culture en accès libre : un choix politique autant qu’éducatif
L’entrée est gratuite pour l’ensemble des spectacles et des ateliers. Ce détail n’en est pas un. Dans une conjoncture où l’accès aux loisirs culturels reste inégalement réparti selon les revenus et les territoires, la gratuité constitue un acte fort. Elle transforme l’événement en bien commun, accessible aux familles de tous horizons, et rappelle que la culture ne saurait être un privilège.
La Maison de la culture Kateb Yacine — du nom du géant de la littérature algérienne, qui croyait lui-même profondément au théâtre comme outil de libération — porte cet héritage avec une cohérence certaine. Proposer du théâtre gratuit pour enfants sous ce patronyme, c’est tisser un fil entre les générations, entre les mots d’hier et les regards d’aujourd’hui.
Une semaine, un signal
Au-delà du programme, cette manifestation envoie un signal : celui d’une ville qui investit dans sa jeunesse par la voie de l’art et de la créativité. Sidi Bel-Abbès, souvent davantage évoquée pour son histoire militaire que pour sa vitalité culturelle, affirme ici une ambition éditoriale claire pour son tissu associatif et ses institutions culturelles.
Sept associations mobilisées, sept spectacles produits, des dizaines d’enfants qui découvriront peut-être pour la première fois le plaisir d’un plateau de théâtre ou les gestes précis de la calligraphie — voilà ce que peut accomplir une programmation pensée avec soin et générosité.
La Fête de l’enfance se conclura le 7 juin. Les souvenirs, eux, pourraient durer bien plus longtemps.
Pratique — Tous les ateliers (11h00–12h00) et spectacles (17h00) se déroulent à la grande salle de représentations de la Maison de la culture et des arts Kateb Yacine, Sidi Bel-Abbès. Entrée libre et gratuite.