ECONOMIE

Zerrouki à Sidi Bel-Abbès : la zone industrielle de Ras El Ma raccordée à la fibre optique avant la fin avril, 3 500 nouvelles zones 4G en vue

L’annonce la plus attendue du déplacement concerne la zone industrielle de la commune de Ras El Ma. Sur place, lors de l’inspection du projet de réalisation d’infrastructures destinées à raccorder cette zone au réseau de fibre optique, le ministre a été catégorique. La formule qu’il a choisie vaut déclaration de principe :

« Le raccordement des zones industrielles à Internet est désormais indispensable et constitue un facteur clé de développement pour appuyer l’économie nationale. »

La zone en question ne se résume pas à une ligne sur un plan d’aménagement. Elle s’étend sur 100 hectares, divisés en 142 lots fonciers destinés à accueillir des projets d’investissement. Ses dimensions en font un pôle économique à part entière — l’un de ceux que l’État entend désormais équiper en numérique non pas après l’arrivée des investisseurs, mais avant. Les responsables présents sur le chantier ont confirmé l’échéance : les travaux de raccordement à la fibre optique devraient être achevés avant la fin du mois d’avril 2026.

Le ministre a également replacé cet engagement dans son cadre institutionnel, rappelant les « instructions strictes » données par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour accompagner les investisseurs. Sa doctrine, exprimée sans ambiguïté : « Tout projet d’investissement au niveau des zones industrielles doit être raccordé à l’ensemble des réseaux — électricité, eau, assainissement, et Internet — afin de fournir aux investisseurs tous les moyens nécessaires à la concrétisation de leurs projets économiques. »

Ce n’est plus une vision. C’est une norme.

Pour mesurer la portée réelle de ce qui se passe à Ras El Ma, il faut regarder au-delà des 100 hectares du chantier local. Zerrouki a précisé, lors de sa visite, que 50 zones industrielles en cours de réalisation à travers le pays sont simultanément accompagnées et raccordées à la fibre optique. Ce chantier national est conduit en parallèle avec le programme de remplacement des câbles en cuivre par la fibre optique pour les abonnés résidentiels — les deux fronts avancent de concert.

Pour la wilaya de Sidi Bel-Abbès, qui dispose d’une base télécom déjà substantielle — avec plus de 45 kilomètres de fibres déployées, neuf daïras raccordées et plus de 19 500 logements connectés en 2023 —, cette dynamique nationale se traduit par une accélération palpable sur le terrain.

La première étape de la journée du 11 avril ne s’est pas déroulée en ville. C’est au village de Tametiouna, dans la commune de Moulay Slissen, que le ministre a officiellement inauguré le programme du service universel des communications électroniques. Ce programme correspond à l’achèvement de la phase précédente, qui avait concerné 1 400 zones à l’échelle nationale avec la réalisation de 1 200 stations.

Mais l’annonce la plus marquante de cette inauguration regardait vers l’avenir : Zerrouki a confirmé le lancement imminent d’une nouvelle opération couvrant 3 500 zones supplémentaires à travers le territoire national. Le cahier des charges est finalisé. L’appel d’offres sera lancé « dans les tout prochains jours ». L’objectif affiché est sans équivoque : porter le taux de couverture réseau de l’Algérie à 99,99 %.

Ce chiffre mérite qu’on s’y arrête. En atteignant ce seuil, l’Algérie se fixe un standard parmi les plus élevés au monde en matière de couverture territoriale. Pour des wilayas à géographie complexe comme Sidi Bel-Abbès, qui mêle zones urbaines denses, communes semi-rurales et localités enclavées, cela signifie concrètement que les angles morts résiduels du réseau sont comptés.

La visite a réservé une autre surprise de taille. Dans la commune de Sidi Bel-Abbès, le ministre s’est rendu à l’ancien siège de la direction de wilaya de la Poste et des Télécommunications — un bâtiment qui va changer de vocation. Il sera reconverti en centre de compétences numériques, dans le cadre d’un programme de développement déjà lancé à titre pilote dans cinq wilayas : Sétif, Annaba, Chlef, Oran et Adrar. Sidi Bel-Abbès entre dans cette deuxième vague de déploiement.

Ce centre proposera aux jeunes des formations dans des domaines d’avenir : intelligence artificielle, cybersécurité, mais aussi un espace dédié à l’émergence d’idées et à l’incubation. Le ministre a insisté sur la finalité économique de cet équipement : permettre aux jeunes formés de créer des startups et des micro-entreprises, et « contribuer ainsi à l’économie nationale ».

L’équation est limpide : une zone industrielle connectée à la fibre, une population locale formée au numérique — voilà les deux conditions simultanées pour qu’un territoire décolle vraiment.

Avant de quitter la ville, Zerrouki a fait un crochet par l’agence commerciale principale d’Algérie Télécom à Sidi Bel-Abbès. Ce type d’étape, que les communiqués officiels résument souvent en une ligne, en dit long sur la méthode du ministre. Il ne s’agit pas d’une visite de courtoisie. Il s’agit d’un contrôle direct de la qualité de service au guichet — et d’un message adressé aux équipes locales : l’amélioration des services rendus aux citoyens est une exigence, pas une option.

Le lendemain, 12 avril 2026, le ministre a poursuivi son déplacement dans les communes de Moulay Slissen et de Sidi Bel-Abbès pour inspecter plusieurs projets relevant de son secteur. Cette extension de la tournée au-delà du chef-lieu confirme une approche délibérément territoriale : aucune commune ne doit être traitée comme un détail d’arrière-plan pendant que la ville-centre concentre l’attention.


Pris ensemble, ces deux jours de visite dessinent une stratégie d’une cohérence rare. L’État algérien, sous l’impulsion de la présidence, est en train de refondre sa conception même de ce que doit être une zone industrielle opérationnelle. Hier, une zone était « prête » quand elle disposait de routes, d’électricité et d’eau. Aujourd’hui, cette définition est caduque. Une zone sans Internet haut débit n’est pas une zone industrielle : c’est un terrain vague équipé.

Ras El Ma cristallise cette mutation. Zone agro-mécanique en cours d’affirmation — avec sa vocation dans la production de matériel agricole —, elle reçoit simultanément une infrastructure électrique renforcée et un raccordement à la fibre optique. Les deux chantiers avancent de front, parce qu’ils répondent à la même logique : préparer le terrain avant l’arrivée des investisseurs, pas après.

Pour le reste, l’échéance parle d’elle-même : fin avril 2026. Dans moins de vingt jours, les 142 lots fonciers de Ras El Ma devront être connectés. Le ministre l’a dit sur place, devant les équipes en charge des travaux. Il n’y a pas de marge d’ambiguïté.

Rédaction Elgharb.info

Sources officielles : Agence Presse Service (APS), dépêches des 11 et 12 avril 2026

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