Du Sahara au monde : quand Ouargla s’impose dans la bataille mondiale de l’IA arabe

Un chercheur de l’Université Kasdi-Merbah d’Ouargla vient de faire adopter son modèle d’intelligence artificielle « Ara-Code-7B » par la plateforme internationale Featherless AI. Un exploit individuel qui révèle, en creux, les enjeux d’une bataille planétaire : celle de la présence des langues non-anglophones dans l’ère de l’IA générative.

L’ENIE signe avec l’ATRST : quand la recherche algérienne passe à l’acte industriel

La signature, mardi 2 juin 2026 à Sidi Bel-Abbès, d’une convention de recherche entre l’Entreprise Nationale des Industries Électroniques et l’Agence Thématique de Recherche en Sciences et Technologies (ATRST) n’est pas un événement de routine administrative. C’est le signe visible d’une ambition nationale : transformer l’Algérie, pays exportateur d’hydrocarbures, en puissance productrice de technologies énergétiques propres.

Back to Town : quand Batna retrouve sa jeunesse électrique

Dans une salle qui porte elle-même les traces du temps, le ciné-club Anis propose ce samedi une rencontre rare : celle d’un film qui ressuscite les Play Boys de Batna, groupe emblématique des années 1960, et d’un public que la mémoire musicale algérienne n’a cessé de traverser. « Back to Town » de Djamel Lakehal — Grand Prix Technique du Festival International du Film d’Alger 2025 — sera projeté à 14 h à la cinémathèque El Moksi, en présence de son réalisateur.

Visa Schengen en Algérie : lire Lyas Hallas, c’est lire notre époque

Une enquête publiée sur Twala.info vient d’éclairer sous un jour nouveau la mécanique des visas Schengen en Algérie. Son auteur, le journaliste d’investigation Lyas Hallas, a produit bien plus qu’un reportage sur VFS Global : un miroir tendu à une société qui apprend, à ses dépens, que la frontière est devenue une marchandise.

Edgar Morin (1921-2026) : mort d’un siècle de pensée vivante

Il se définissait lui-même comme un « braconnier du savoir », un passeur de frontières entre disciplines que tout semblait séparer : la sociologie et la biologie, la philosophie et le cinéma, la politique et l’épistémologie. Edgar Morin — né David Salomon Nahoum le 8 juillet 1921, résistant, exilé de ses propres certitudes, chercheur inclassable — aura consacré plus d’un siècle à une seule et même quête : comprendre comment fonctionne le monde sans jamais le mutiler par l’excès de simplification. Sa disparition, annoncée le 29 mai 2026, a provoqué une onde d’émotion dans les milieux académiques, politiques et culturels à travers le monde. De Paris à Santiago du Chili, de Tokyo à Alger, les hommages ont afflué pour saluer celui que l’UNESCO avait qualifié d’« humaniste planétaire ».

Wassiny Laaredj ressuscite Rimitti : Quand la littérature algérienne ose regarder ses propres démons

Elle était la voix que l’on dansait la nuit et que l’on reniait le matin. Cheikha Rimitti, mère fondatrice du raï algérien, vient de trouver son romancier. Avec Rimitti, chants de braises et de feu, Wassiny Laaredj signe une œuvre aussi dérangeante qu’indispensable — et rouvre une blessure que la société algérienne préfère, depuis trop longtemps, laisser en friche.

Emir Abdelkader, bâtisseur d’État et précurseur des droits humains : Mascara célèbre un géant de l’Histoire

À Mascara, ville natale de l’Émir, une conférence scientifique de haut niveau a rendu hommage, lundi soir, à l’une des figures les plus complexes et les plus universelles de l’histoire algérienne. Fondateur d’un État souverain, stratège militaire hors pair et pionnier du droit humanitaire international, Abdelkader Al-Jazairi continue, 143 ans après sa mort, d’irriguer la mémoire collective et d’inspirer les débats contemporains.

LYNDA CHOUITEN, PASSEUSE DE LANGUES ET BRISSEUSE DE SILENCES

Un cheveu dans une soupe. Une couturière algérienne rêvant de Vienne. Des blattes qui dansent sur fond de Hirak. Lynda Chouiten n’écrit pas des romans ordinaires — elle construit des architectures qui dérangent. Depuis son premier roman paru en 2017, cette universitaire de Boumerdès, née en Kabylie, a imposé un style reconnaissable entre mille : drôle et grave, lyrique et incisif, enraciné dans l’Algérie profonde et ouvert sur le monde. Sa prose a traversé l’Atlantique. Il est temps d’en examiner les fondations.

Dol, troll et pseudos : les nouveaux jeux de rôles numériques

En 1993, le dessinateur Peter Steiner publiait dans le New Yorker une vignette devenue prophétique : deux chiens devant un ordinateur, l’un confiant à l’autre — « Sur internet, personne ne sait que tu es un chien. » Trente ans ont passé. On ne rit plus. Ce qui était une boutade est devenu une architecture. Et derrière cette architecture, le vieux droit civil a un mot précis pour ce qui se passe : le dol. La tromperie organisée. Le vice du consentement à l’heure des avatars.

Ahmed Réda Houhou : Le père oublié du roman algérien en langue arabe

Pourtant, ce visage aux lunettes rondes est celui de l’homme qui a changé le cours des lettres algériennes — en arabe, la langue que le système colonial s’acharnait à faire taire. Ahmed Réda Houhou, né en 1910 à Sidi Okba et assassiné à Constantine le 29 mars 1956, est le premier romancier algérien de langue arabe, le précurseur du journalisme satirique au Maghreb, et l’une des consciences les plus lucides que la guerre d’indépendance ait sacrifiées sur son autel. Soixante-neuf ans après sa mort, son nom mérite enfin la place que l’histoire lui doit.